Orlistat en vente libre
mars 3rd, 2009
La branche Santé Grand Public du laboratoire GSK doit commercialiser en mai un médicament à base d’orlistat accessible sans prescription. Comme le fait justement remarquer La Revue Prescrire, “l’évaluation clinique de l’orlistat ne montre toujours pas d’effet sur les complications cliniques de l’obésité. Elle confirme que dans les essais cliniques, par rapport aux seules mesures non médicamenteuses, l’ajout de 60 mg à 120 mg d’orlistat pris 2 à 3 fois par jour pendant 6 mois à 12 mois amène, en moyenne, une perte de poids d’environ 3kg. De nombreuses personnes restent en surpoids. Un an après l’arrêt du traitement, un retour au poids initial est fréquent“.
Ce paragraphe à lui seul devrait suffire à dissuader les consommateurs potentiels. Si ce n’est pas suffisant, une deuxième couche s’impose : “Les effets indésirables digestifs de l’orlistat surviennent chez plus de la moitié des personnes, notamment : pertes anales graisseuses, diarrhées (parfois avec saignements), incontinences fécales, douleurs abdominales, etc.. Les diarrhées dues à l’orlistat réduisent la biodisponibilité de médicaments tels que les contraceptifs oraux, ce qui expose les femmes à une grossesse non désirée. Une fréquence accrue de fractures osseuses avec l’orlistat a été rapportée lors d’un essai clinique chez des adolescents. Une diminution de l’absorption des vitamines liposolubles, dont la vitamine D, est plausible. De rares cas de pancréatites et d’hépatites ont été rapportés, ce qui incite à arrêter l’orlistat en cas de fortes douleurs abdominales“.
Où est le service rendu à la santé publique ? Le mystère demeure !
A lire également : Rev Prescrire 2009 ; 29 (305) : 167. Accès libre
Le médicament et après ?
février 20th, 2009
Alors que La Revue Prescrire fait le bilan de l’année 2008 où aucun nouveau médicament n’a apporté de réelle amélioration thérapeutique, il est plus que nécessaire de prendre en compte les possibilités d’amélioration des soins si tous les acteurs étaient utilisés de manière optimale. Un exemple criant est celui du pharmacien. Notre capacité d’intervention est diluée dans des tâches sans aucune utilité telles que la vente de parapharmacie : cosmétique sans efficacité prouvée et compléments alimentaires inutiles dans la plupart des cas. A ce sujet il est intéressant de lire la brochure de l’Institut National du Cancer sur la nutrition et la prévention du cancer. Il est notamment utile de lire cet encadré page 38 :
Les fruits et légumes ne peuvent pas être remplacés par des compléments alimentaires :
Sachant que les consommateurs de compléments alimentaires sont en augmentation : 19,7 % en 2006 d’après l’étude INCA2 (Afssa, 2007) contre 11,2 % en 2004 (Hebel, 2007), il est important de rappeler que la prise de compléments alimentaires n’est pas équivalente à la consommation de fruits et légumes (Druesne-Pecollo et al., 2007) :
> Tout d’abord, contrairement aux compléments alimentaires (consommés sous forme de comprimés, gélules…), les fruits et légumes contribuent à la diminution du risque de prise de poids. En effet, les fruits et légumes ingérés participent au déclenchement de la satiété. Consommés à la place d’aliments très énergétiques (très gras et/ou très sucrés), ils contribuent aussi à limiter les apports énergétiques.
> Ensuite, les fruits et légumes consommés en tant que tels permettent de tirer bénéfice des synergies entre les composants qu’ils apportent. C’est le cas, par exemple, des composés à activité antioxydante : l’activité antioxydante d’une pommeest très supérieure (plus de 200 fois) à l’équivalent en vitamine C du fruit (Eberhardt et al., 2000) ; l’étude des relations dose-effet antioxydant, réalisée avec différents fruits (pomme, orange, raisin et myrtille) montre que le mélange de fruits est bien plus
efficace que chaque fruit pris séparément (Liu, 2004).
> Enfin et surtout, la consommation de compléments alimentaires, qui apportent les micronutriments/microconstituants à des doses élevées, peut présenter plus de risques que de bénéfices. Ainsi, l’apport de bêta-carotène sous forme de compléments alimentaires augmente de manière convaincante le risque de cancers chez des sujets à risque (cancer du poumon chez les fumeurs : cf. chapitre Compléments alimentaires à base de bêta-carotène) alors que la consommation d’aliments contenant ce micronutriment semble favorable (pour la prévention du cancer de l’oesophage).
Il est donc indispensable de reformer le système de distribution des médicaments afin de rémunérer l’éducation thérapeutique. L’Ordre des Pharmaciens a rendu public les résultats d’une étude (certes de faible puissance statistique) sur l’éducation des patients asthmatiques : à la suite du processus d’entretien pharmaceutique “le taux de patients présentant un contrôle satisfaisant de leur asthme passe ainsi de 39 % au début de l’étude à 64 % à la fin de l’étude. Le maintien de cette amélioration sur 12 mois témoigne, par ailleurs, d’une réelle prise de conscience du patient“. Voilà un bon moyen de faire des économies de santé.
Il est donc raisonnable d’envisager un élargissement de ce type d’interventions ainsi que leur rémunération afin de remplacer la vente de compléments alimentaires ou de produits dermocosmétiques inutiles à la santé publique et qui plus est producteur de déchets.
Dans un contexte de récession et de développement durable il est judicieux de s’orienter vers la provision de services ayant un impact environnementale et sanitaires. Mais le lobby des titulaires d’officines est-il près ou capable à faire un virage à 180° ? Les politiques sauront-ils prendre des mesures incitatives ?
Dealer de maladies
février 5th, 2009
La définition de la santé, selon l’OMS, comme “état de complet bien-être physique, mental et social” laisse la possibilité d’interpréter toutes les difficultés de la vie courante (stress, anxiété, jambes sans repos, troubles transitoire de l’érection) comme des pathologies à traiter absolument. C’est dans cette brèche que s’engouffre l’industrie pharmaceutique pour élargir son marché. Le “disease mongering” consiste à convaincre les individus sains qu’ils sont malades et qu’il est nécessaire qu’ils soient pris en charge médicalement. La revue Plos Medicine a publié en avril 2006 un numéro spécial sur ce phénomène.
Les différents articles analyses des cas concrets comme la “promotion” du syndrome des jambes sans repos ou les campagnes marketing autour des troubles de l’érection.
Le principe de base consiste à faire parler d’un trouble, sous couvert de santé publique, par le biais d’articles de presse, d’associations de malades (souvent sponsorisées par les laboratoires pharmaceutiques), de consensus de spécialistes, d’articles de revues spécialisées…
Dans le cas du syndrome des jambes sans repos, les auteurs analysent la manière dont a été couvert le sujet par les quotidiens grand public.
Les faits les plus marquants sont :
- une exagération de la prévalence de la maladie,
- la suggestion que tout trouble doit être traité,
- la suggestion que le médecin ne connaît pas cette pathologie,
- l’occultation complète des effets indésirables du ou des traitement(s) médicamenteux.
Cette analyse laisse songeur quant à la capacité de certains journalistes à vérifier leurs données.
L’initiative australienne Media Doctor, qui consiste à évaluer la qualité des informations médicales produites dans les journaux grands publics, devrait être étendu à tous les pays afin d’aider les citoyens dans leurs recherches.
Les techniques les plus utilisées pour augmenter la taille du marché d’un médicament sont :
- augmenter la prévalence d’une pathologie (biais de sélection…),
- promouvoir l’utilisation d’un médicament pour des symptômes légers,
- promouvoir l’utilisation d’un médicament comme traitement de première intention d’un problème qui n’était jusqu’alors pas considéré comme une pathologie (ex: les troubles de l’érection du sujet âgé font partie du processus normal du vieillissement).
Il est indispensable de garder ces notions à l’esprit et d’avoir un regard critique sur toutes les études scientifiques qui sont produites.
Le numéro complet de Plos Medecine au format pdf est disponible ici !
Antibiothérapie ou ECBU en cas de cystite aiguë ?
avril 17th, 2008
Selon un article paru dans Critique et Pratique - L’Actualité Médicale “une règle de décision clinique à trois critères pourrait réduire de façon significative la prescription d’antibiotiques inutiles et de cultures d’urine chez les patientes présentant des symptômes de cystite aiguë”.
Cet article recommande l’utilisation d’une règle clinique simple :
Antibiotiques d’emblée si présence d’au moins deux des critères suivants, sinon attendre les résultats de l’ECBU :
- Brûlures mictionnelles,
- Leucocytes > traces,
- Nitrites positifs.
L’utilisation de cette règle “aurait réduit en termes relatifs la prescription d’antibiotiques de 24 % et d’antibiotiques inutiles de 40 % ainsi que le nombre de cultures de 59 %”.
Qualité de service : le point de vue du client
avril 15th, 2008
L’évaluation de la qualité du service par le client dépend de facteurs subjectifs. La méthode SERVQUAL permet d’évaluer la performance d’un service et sa perception par le client.
La méthode SERVQUAL est basée sur cinq dimensions principales :
- les facteurs tangibles : apparence générale de la pharmacie, présentation du personnel, bon fonctionnement du matériel…
- la fiabilité : capacité à assurer le service promis,
- la réceptivité : volonté d’aider les clients et de fournir un service rapide,
- le professionnalisme : l’équipe possède telle les connaissances pour assurer le service offert ? L’équipe est-elle capable d’inspirer confiance?
- l’empathie : capacité à comprendre le client sans porter de jugement.
Voilà autant de facteur sur lesquels il est possible d’agir afin d’améliorer l’expérience du client.
Pour approfondir: l’article de 12manage.com
Pharmacien Responsable de l’Assurance de Qualité
avril 15th, 2008
Votre avis sur la formation pour devenir Pharmacien Responsable de l’Assurance de Qualité (PRAQ) m’intéresse :
-Utilité de la formation,
-Mise en pratique à l’officine,
-Points forts ou faiblesses de cette formation….
N’hésitez pas à soumettre votre opinion en laissant un commentaire.
Merci d’avance.
Le supplément N°1 de 2008 de la revue Diabetes Care, éditée par l’ADA, fournit les dernières recommandations pour la prise en charge des patients diabétiques. Ce supplément aborde aussi bien la prise en charge médicamenteuse que les principes de nutrition applicables pour améliorer le contrôle ou la prévention du diabète.
Pour plus de détail sur l’algorithme de prise en charge du diabète de type 2, il est cité un consensus de l’ADA et de la European Association for the Study of Diabetes: association de l’exercice physique, de la nutrition et de la métformine en première intention. Pour le diabète de type 1, l’insulinothérapie avec 3 ou 4 injections par jour ou par pompe à insuline reste les choix primordiaux (tout en ajustant le nombre d’unités insuliniques en fonction de l’apport en glucides du repas, de la glycémie pré-prandiale et de l’activité physique à venir). L’article renvoie notamment à cette revue, pour la mise en place de l’insulinothérapie.
Trithérapie : un guide pour les professionnels de la santé.
janvier 25th, 2008
Le Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a publié un guide intitulé “La thérapie antirétrovirale pour les adultes infectés par le VIH - Guide pour les professionnels de la santé du Québec”.
Ce document vous présente :
- l’utilisation de la charge virale plasmatique et de la numération lymphocytaire CD4,
- l’utilisation des tests de résistance du VIH aux antirétroviraux,
- l’utilisation des dosages plasmatiques des médicaments,
- les principes du traitement antirétroviral,
- l’infection aiguë par le VIH,
- les classes d’antirétroviraux,
- le moment et les conditions pour commencer ou changer la thérapie,
- l’adhésion au traitement,
- les interactions médicamenteuses et les effets indésirables.
Un must basé sur 323 références bibliographiques. A découvrir d’urgence.
La thérapie antirétrovirale pour les adultes infectés par le VIH (septembre 2007)
Pharmaceutical care : soins pharmaceutiques et pharmacie clinique
décembre 17th, 2007
L’exercice officinale est aujourd’hui essentiellement orienté vers la qualité de service et non plus vers la qualité du produit du fait de l’industrialisation du médicament. Il n’y a aucune différence entre un médicament X délivré dans deux pharmacies, si ce n’est la qualité du conseil associé, le suivi du patient et la chaleur de l’accueil. La pharmacie clinique est donc le fer de lance pour se hisser au-dessus de ses concurrents, elle est définie comme “l’utilisation optimale du jugement et des connaissances pharmaceutiques et biomédicales du Pharmacien dans le but d’améliorer l’efficacité, la sécurité, l’économie et la précision selon lesquelles les médicaments doivent être utilisés dans le traitement des patients”[1]. Le pharmacien clinicien a pour rôle de vérifier les contre-indications en fonction de l’état physiopathologique du patient, de contribuer à l’adaptation posologique, de déterminer un plan de prise, de gérer les interactions médicamenteuses dangereuses, de surveiller l’apparition d’effets indésirables mais également de rappeler les précautions d’emploi et les règles hygiénodiététiques. Il s’intéresse à l’optimisation de la thérapeutique médicamenteuse et à la prévention de la pathologie iatrogène (évaluation des rapports coût/efficacité et risque/bénéfice thérapeutique) afin d’assurer l’atteinte clinique des objectifs préventifs, curatifs ou palliatifs de la thérapie tout en prévenant les sur-côuts liés aux iatrogénies et à la non-observance.
A lire : Pharmacie clinique et thérapeutique. 2e édition. François Gimenez, Michel Brazier, Jean Calop, Thierry Dine. Association nationale des enseignants de pharmacie clinique. 2002. MASSON.
[1]Ch. Walton, Université de Kentucky, 1961.
Evaluation Qualité Officine : une bonne initiative
décembre 9th, 2007
La disponibilité du site eqo.fr est un premier pas dans la standardisation de la prise en charge des patients. Le contrat d’étude prospective de l’officine insistait sur la nécessité de développer une culture de la qualité au sein des officines. Eqo.fr permet d’initier les équipes officinales à cet impératif pour un service de qualité. La base de connaissance contient une trentaine de fiches allant de la gestion des tickets de promis au suivi des patients sous AVK en passant par la dispensation des stupéfiants. J’espère que cette offre s’étoffera dans les prochains mois. Cette initiative est à rapprocher de celle du groupement IFMO avec son site qualipharm.fr qui a mis au point une procédure de sécurisation du conseil officinal ainsi que d’autres démarches de qualité.

