Leclerc : les pros du lavage de cerveau !
avril 7th, 2008
Tout le monde à probablement déjà vu la fameuse pub de l’enseigne de grande distribution qui lorgne sur le monopole pharmaceutique…
Le problème est toujours le même : je vois mal un docteur en pharmacie, même compétent, faire un conseil adapté à chacun des clients de la “pharmacie” d’une grande surface. Le prix est une chose, la qualité du service en est une autre! Il n’y a pas que le portefeuille de Mme J, il y a aussi sa santé.
Pour ce qui est de la protection du pouvoir d’achat, Leclerc et consorts ne sont pas franchement les meilleurs comme le montre l’étude de l’UFC-Que choisir qui prouve, ce dont tout le monde se doute, que le prix dépend de la concurrence en présence. Autrement dit, quand il n’y a pas de concurrence, tant pis pour le portefeuille de Mme J. d’autant que la publicité se charge de lui faire croire le contraire.
Les réponses de l’Ordre des Pharmaciens et de l’Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine n’ont pas tardées. Voici la réponse de lUSPO :
“Marges arrière :
Après l’application de la loi Chatel du 3 janvier 2008, nous pouvons constater deux attitudes complètement opposées :
* Dans le circuit pharmaceutique : La suppression des marges arrière se traduit par une baisse des prix des médicaments au 1er semestre 2008 : 120 millions d’euros sont ainsi économisés et rendus par les pharmaciens en baisses de prix au bénéfice des patients.
* Dans la Grande distribution : Le même mécanisme aurait dû se traduire par une baisse du prix du caddie de la ménagère de 15 %. Au contraire, les consommateurs voient les prix augmenter. Ou est passé l’argent des marges arrière dans les grandes surfaces ?
Pouvoir d’achat :
Les prix des 100 premiers médicaments de médication officinale ont augmenté seulement de 1% en 4 ans. Dommage que les grandes surfaces ne soient pas aussi performantes pour défendre le pouvoir d’achat des Français ! Dans une communication qui s’apparente plus à de la diversion, Mr Leclerc promet des baisses de prix sur des produits qu’il n’est pas autorisé à distribuer, pour mieux dissimuler les augmentations de prix sur des produits dont il a aujourd’hui quasiment le monopole.
Les pharmaciens se sont engagés :
* A la transparence et à la baisse des prix sur les médicaments conseils ;
* A mettre en place, avec les Pouvoirs Publics, un Observatoire des prix ;
* A renforcer le conseil pharmaceutique sur ces médicaments ;
* A freiner la surconsommation de médicaments
Les Pharmaciens proposent l’organisation du parcours de soins de première intention dans l’intérêt de la santé publique et des patients, et une meilleure visibilité sur les prix dans l’espace conseil de la pharmacie. Les mesures préconisées par la commission ATTALI, qui suivait les propositions prônées par Mr Leclerc, ont été clairement balayées par le Président de la République. Nous considérons donc aujourd’hui que Mr Leclerc est définitivement disqualifié pour parler de la Santé”.
Rapport sur la Libération de la Croissance Française : la réponse de l’ordre des pharmaciens
février 12th, 2008
Dans La Lettre des Nouvelles pharmaceutiques N°353 publié par l’ordre des pharmaciens, deux articles sont à lire. Le premier sur la propriété du capital des officines en Europe fait un état des lieux de la libéralisation du capital des officines et ses conséquences peu glorieuses. Certains pays tels que la Bulgarie et la Lettonie prévoient même de dissoudre les chaînes de pharmacie ! Le deuxième article étudie l’impact de la vente hors des officines, sur les prix des médicaments à prescription médicale facultative (PMF). Ainsi, au Portugal, où les médicaments à PMF sont aussi vendus hors du circuit officinal depuis novembre 2005, le prix a augmenté de 3,5 % en moyenne selon l’agence portugaise de défense des consommateurs DECO.
A lire absolument !
Extrait de La Lettre des Nouvelles pharmaceutiques N°353
Rapport sur la Libération de la Croissance Française : soutien du Président et des médecins.
janvier 28th, 2008
Lors de la remise du rapport sur la Libération de la Croissance Française, Mr Sarkozy a déclaré : “Je vois bien que si l’on autorise pour partie leur vente en grande surface, les tarifs baisseront au profit des consommateurs. Mais en même temps, mon travail de chef de l’Etat c’est aussi de penser à l’aménagement du territoire et à la véritable mission de service public des pharmacies. Dans ce débat, on ne peut réduire tout à la seule question des tarifs”.
Il me semble que cela tient plus de la stratégie politique que d’un réel soutien. En effet, la mise en demeure européenne remet déjà en cause une partie du monopole pharmaceutique. Dans ce contexte, pourquoi prendre le risque de diminuer sa popularité en appliquant des mesures impopulaires alors que la machine européenne le fera?
La bonne nouvelle est le soutien de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) qui “met en garde le Gouvernement contre les effets de la dérégulation de la vente des médicaments car ceux-ci ne sont pas des produits comme les autres. Ils comportent des principes actifs qui peuvent s’avérer à risque dans le cas de poly-médication”. Elle “exhorte [le gouvernement] à ne pas considérer la santé des Français comme un produit ou une marchandise, encore moins [comme] une variable d’ajustement économique dans un système ultralibéral”.
Rapport sur la Libération de la Croissance Française : une contradiction de taille !
janvier 24th, 2008
DÉCISION 212 (Page 164)
“Limiter le monopole pharmaceutique aux seuls médicaments prescrits sur ordonnance, sur le modèle italien, sans autoriser la publicité pour les produits non soumis à prescription. Cette mesure permettrait de baisser le prix de ces produits de 5 % à 15 % environ, selon une étude de l’OCDE portant sur le Danemark”.
DÉCISION 281 (Page 204)
“Libéraliser les prix des médicaments PMF et obliger les officines et pharmacies à un affichage clair et lisible des prix des médicaments proposés au public. Lever les restrictions sur la publicité des médicaments à prescription médicale facultative (PMF), comme le prévoit la directive européenne 2004/27/CE“.
Brillant !
Le lowcost en pharmacie : un faux problème !
janvier 21st, 2008
Le rapport de Charles Beigbeder sur le lowcost analyse succinctement les conséquences de la levée du monopole sur les médicaments non listés.
En premier lieu, il est indispensable de noter que les remerciements du rapport ne citent aucune personne ayant des connaissances en santé publique, qu’aucun médecin, pharmacien, représentant d’association de malade, des ordres professionnels ou bien encore des autorités de santé (Minsitère en charge de la santé, HAS, CNAMTS…) n’a participé à l’élaboration de cette analyse. Comment est-il possible, dans ces conditions, de faire une analyse objective sans même consulter les parties prenantes ? Ce seul fait devrait alerter les pouvoirs publics sur la qualité de ce rapport.
De plus, le principal argument avancé par l’auteur en faveur de la libéralisation de l’OTC et de la levée de l’indivisibilité de la propriété et de la gérance, est l’augmentation incessantes des prix des médicaments non remboursables. Selon l’auteur, l’entrée de la grande distribution sur ce marché et la formation de chaînes permettraient l’apparition de produits OTC à “bas prix”, favorisant ainsi l’accès aux soins des plus démunis et améliorant le pouvoir d’achat des Français. Pourtant, quelques lignes plus bas, l’auteur souligne que notre pays souffre de la surconsommation de médicaments. Or, si les médicaments sont si chers, pourquoi y a-t-il surconsommation? Cette incohérence dans l’argumentation ne semble pas choquer Mr Beigbeder. L’éducation thérapeutique serait peut être une meilleure façon d’améliorer le pouvoir d’achat, en limitant la consommation de médicament. De plus, une utilisation raisonnée des médicaments permettrait de diminuer les coûts liés aux accidents iatrogènes. Concernant les plus démunis, la CMU et les Aides Médicales d’Etat permettent un remboursement intégrale des médicaments prescrits. Aucun médicament vital n’est pas remboursé.
Enfin, Mr Beigbeder estime que la levée du monopole officinale poussera les officines à se diversifier vers des marchés à fortes marges, dont les compléments alimentaires. Ainsi, pour compenser leur perte de marge, les pharmaciens devront gaver leur concitoyens de compléments alimentaires. Voilà une belle leçon d’éthique et de santé publique.
Mesure Bachelot sur l’OTC ou comment brasser de l’air!
novembre 30th, 2007
Est-il si difficile de s’adresser au pharmacien pour lui demander un médicament qu’il faille le mettre en libre-service ? Toute affairée à mettre en place cette mesurette qui n’améliorera en aucun cas le service apporté au client, notre ministre chargé de la santé evite de s’attaquer au fond du problème : permettre la délivrance des médicaments dans les meilleures conditions afin d’améliorer le bénéfice clinique et diminuer les iatrogénies. Selon une étude de Smart Pharma Consulting dont les résultats sont publiés dans Le Quotidien du Pharmacien du 19/11/2007, le prix des médicaments concernés ne baissera que de 5% sur les trois prochaines années. Côté pharmacien, “le libre accès induirait un CA supplémentaire moyen de 1 200 euros par an et par officine, soit 465 euros de marge brute”. Pour l’Assurance Maladie (AM), l’économie envisageable est inférieure à 1,5 million d’euros entre 2008 et 2010 car moins d’un tiers des achats d’automédication induits par le libre accès s’inscriront en substitution d’une consultation et d’une prescription médicale associée”. Cependant, cette économie, déjà minime face au 6 milliards d’euros de deficit de l’AM, sera probablement effacée par le coût de la prise en charge des iatrogénies engendrées.
Il serait plus productif de mettre en place les mesures nécessaires au développement de la pharmacie clinique (formation continue performante, rétribution des services pharmaceutiques à l’image de la Medication Therapy Management aux USA(1,2)) et ainsi de permettre aux pharmaciens de faire leur travail sans se disperser dans des secteurs d’activités dont le seul intérêt est leur marge. Le bénéfice économique de l’intervention pharmaceutique n’est plus à démontrer (cf les références bibliographiques N°2,3 et 6 à 13 de cet article de l’American Pharmacists Association: MTM in community pharmacy practice.pdf) mais rien n’est fait pour l’optimiser…
(1):http://www.medscape.com/viewarticle/515239*
(2):http://www.medscape.com/viewarticle/515241*
* Inscription gratuite nécessaire sur le site medscape.com pour avoir accès aux articles.
La santé protégée ?
juin 3rd, 2007
Selon Le Quotidien du Pharmacien du 29/05/2007, Le Parlement européen a voté, à une très forte majorité, une résolution précisant que les services de santé ne pouvaient être assimilés à des services marchands mais qu’ils devaient faire l’objet d’une réglementation spécifique, hors de la directive Bolkestein sur les services en Europe. Le rapporteur de la résolution du Parlement européen, la députée socialiste française Bernadette Vergniaud, précise que la commission Européenne prépare un acte législatif qui devrait rappeler que toute politique de santé en Europe doit s’effectuer dans le cadre de la subsidiarité: le problème de la propriété des officines dans un pays membre resterait alors du ressort de chaque état.
Aliments à l’officine ?
avril 18th, 2007
Le Moniteur des pharmacies du 14 avril relate la vente d’aliments classiques ou de voyages au sein de certaines officines allemandes, afin de compenser la baisse de marge. Quelle image cela donne-t-il de la profession? A quand l’offre promotionnelle “un paquet de chips, une statine offerte” !
Qui à intérêt à pousser à la libéralisation sans frein du secteur santé? Pourquoi les commissaires européen sont-ils si pressés de casser le monopole pharmaceutique? Certes, certains pharmaciens n’ont pas d’éthique professionnelle, et se proposeraient de vendre n’importe quoi. Pour autant, il existe une libre concurrence entre les officines qui permet aux patients-clients de choisir leurs pharmacies. Le monopole pharmaceutique doit permettre à la profession de garder son indépendance intellectuelle vis-à-vis des dérives commerciales: le pharmacien choisit les produits qui sont efficaces et sûrs, sans privililégier sa marge, en échange de quoi la loi lui concède le monopole pour lui permettre de vivre honnêtement. Les dérives commerciales auront raisons de la santé publique!
Site internet pour l’officine
mars 30th, 2007
L’ordre des pharmaciens publie ici des réflexions sur la création d’un site internet pour son officine. Ce document aborde notamment les produits qu’il possible de proposer à la vente sur internet.
Procédure européenne d’infraction
mars 30th, 2007
La procédure va être engagée sur les
points suivants :
- réserve de la propriété du capital
des officines aux pharmaciens,
- interdiction d’exploiter plus d’une
pharmacie,
- incompatibilité de cette exploitation
avec l’exercice d’autres professions,
- consultation de l’Ordre dans les procédures
d’autorisation d’ouverture.
Selon Le Moniteur des pharmacies du 31 mars, le gouvernement souhaite gagner du temps en allant jusqu’au bout de la procédure d’infraction, c’est à dire jusqu’à la cour européenne de justice, en attendant la directive santé en 2009-2010.
