Le lowcost en pharmacie : un faux problème !
janvier 21st, 2008
Le rapport de Charles Beigbeder sur le lowcost analyse succinctement les conséquences de la levée du monopole sur les médicaments non listés.
En premier lieu, il est indispensable de noter que les remerciements du rapport ne citent aucune personne ayant des connaissances en santé publique, qu’aucun médecin, pharmacien, représentant d’association de malade, des ordres professionnels ou bien encore des autorités de santé (Minsitère en charge de la santé, HAS, CNAMTS…) n’a participé à l’élaboration de cette analyse. Comment est-il possible, dans ces conditions, de faire une analyse objective sans même consulter les parties prenantes ? Ce seul fait devrait alerter les pouvoirs publics sur la qualité de ce rapport.
De plus, le principal argument avancé par l’auteur en faveur de la libéralisation de l’OTC et de la levée de l’indivisibilité de la propriété et de la gérance, est l’augmentation incessantes des prix des médicaments non remboursables. Selon l’auteur, l’entrée de la grande distribution sur ce marché et la formation de chaînes permettraient l’apparition de produits OTC à “bas prix”, favorisant ainsi l’accès aux soins des plus démunis et améliorant le pouvoir d’achat des Français. Pourtant, quelques lignes plus bas, l’auteur souligne que notre pays souffre de la surconsommation de médicaments. Or, si les médicaments sont si chers, pourquoi y a-t-il surconsommation? Cette incohérence dans l’argumentation ne semble pas choquer Mr Beigbeder. L’éducation thérapeutique serait peut être une meilleure façon d’améliorer le pouvoir d’achat, en limitant la consommation de médicament. De plus, une utilisation raisonnée des médicaments permettrait de diminuer les coûts liés aux accidents iatrogènes. Concernant les plus démunis, la CMU et les Aides Médicales d’Etat permettent un remboursement intégrale des médicaments prescrits. Aucun médicament vital n’est pas remboursé.
Enfin, Mr Beigbeder estime que la levée du monopole officinale poussera les officines à se diversifier vers des marchés à fortes marges, dont les compléments alimentaires. Ainsi, pour compenser leur perte de marge, les pharmaciens devront gaver leur concitoyens de compléments alimentaires. Voilà une belle leçon d’éthique et de santé publique.

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