Les nouvelles missions du pharmacien
juillet 19th, 2007
Selon un sondage de Call Medi Medical pour Le quotidien du Pharmacien, 68% des pharmaciens misent sur la rémunération de nouvelles missions pour compenser les baisses de marge. Cela me semble en effet plus intéressant que de diversifier l’offre de produits disponibles dans les officines (notamment la vente de produits alimentaires comme cela se fait déjà en Allemagne) ce qui ferait évoluer l’officine française vers le modèle du drugstore où le trouve tout et n’importe quoi.
Il serait plus intéressant, du point de vue de la santé publique, de rémunérer des actes telles que l’éducation diététique, la prévention de la consommation de drogue, le suivi des toxicomanes sous traitement de substitution [chaque euro investit dans ce domaine fait économiser entre 7 et 12 euros sur le coût global de la toxicomanie (frais de justice, coût de la délinquance liée à la toxicomanie, prise en charge des comorbidités engendrées par les addictions….)*], l’optimisation thérapeutique (chronopharmacologie entre autres…).
En outre, la rémunération de certains actes spécifiques permettrait en contre partie d’exiger une formation pour le réaliser et donc d’améliorer la prise en charge.
En effet, la seule rémunération à la vente pervertit le système:
- pourquoi passer plus d’une demi-heure à expliquer l’intérêt d’une alimentation variée par rapport à un saupoudrage de compléments alimentaires (parfois utiles dans certaines conditions), lorsque cet acte d’éducation n’est pas reconnu…???
- pourquoi s’investir réellement dans le suivi d’un patient toxicomane (supervision de la prise de méthadone, entretien avec le patient pour améliorer le traitementet prévenir les rechutes, explication du principe du traitement de substitution, entretien avec le médecin pour le suivi, relais avec les services sociaux….), lorsque le traitement pour une semaine est facturé 1,61€x7j= 11,27€ soit environ 6 € de marge auxquels il faudrait déduire les charges salariales et autres…
Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que la parapharmacie se développe de plus en plus… au détriment de la pharmacie clinique…

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